Le syndrome du survivant : vivre ou survivre
- LuxCare Animals

- 29 janv.
- 9 min de lecture
Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler du syndrome du survivant. De la survie. Et de cette question qui me traverse de plus en plus fort : pourquoi on vit ? Pourquoi certains comportements « marchent » ? Pourquoi la violence marche, pourquoi taper marche, pourquoi la douceur marche, pourquoi le contrôle marche, pourquoi la résignation marche… Pourquoi, en fait, tout marche.
La peur de la mort, au cœur de tout
Ce que je ressens profondément aujourd’hui, c’est que tout cela vient d’une seule et même source, commune à l’humain et à l’animal : la peur de la mort. Chez l’humain, j’observe deux formes de mort possibles. Il y a la mort du corps, quitter ce corps, mourir physiquement. Et il y a la mort intérieure : ne plus penser, ne plus apprendre, ne plus être stimulé, s’ennuyer, se figer, se vider.
Certains n’ont pas peur de mourir physiquement, mais ont une peur immense de ne plus se sentir vivants. D’autres vivent l’inverse. Et parfois, les deux se mélangent. Ce que j’ai compris en observant mon propre cheminement, notamment à travers le syndrome de l’imposteur, c’est que ce syndrome a été, pour moi, le raccourci le plus rapide pour me sentir vivante. Et aujourd’hui, paradoxalement, j’ai peur de mourir parce que je me sens vivante. Parce que j’ai choisi la vie.
Alors tout ce qui crée en moi de la frustration, de l’ennui, de l’immobilité, du faux-semblant, du vide, vient activer une sensation de mort intérieure. Et cette sensation-là, chez moi, est insupportable. Elle m’étouffe. Elle me donne l’impression qu’il n’y a plus de mouvement, plus de respiration, plus de vie.
Les chevaux, maîtres de la survie
En observant les chevaux, ces animaux de proie, tout devient encore plus clair. Leur seule et unique motivation, fondamentalement, c’est ne pas mourir et être ensemble dans le troupeau. Ils mangent pour ne pas mourir de faim, évidemment aussi parce que leur physiologie d’herbivores l’exige. Leurs besoins fondamentaux sont non négociables parce qu’ils sont directement liés à leur survie.
Ils fuient, se figent, se résignent, se laissent monter parce qu’au moment où ils ne sont plus en lien direct avec leurs besoins vitaux, la peur de mourir s’active. Le besoin de sécurité devient alors une nécessité absolue dans la relation avec l’humain, pour ne pas avoir à se demander chaque jour s’ils risquent de mourir. La fameuse boule au ventre, les ulcères, les maux de ventre… Et si ce n’était pas le faire le problème, mais l’état d’être ? 😉 Et si vous pouviez faire pareil, AUTREMENT ? 🤔
La sécurité du cheval dépend directement de l’humain avec lequel il est en lien, à pied comme sous la selle. À un moment donné, il doit faire un choix. Et le raccourci le plus rapide pour ne pas mourir, c’est écouter ou répondre pour se débarrasser du problème. Faire ce qu’on lui demande.
Même le simple fait qu’un humain regarde un cheval dans les yeux est déjà, dans son monde à lui, une mise en danger. Comme un prédateur au loin qui observe comment atteindre sa proie. Et vous savez quoi ? La plupart du temps, vous êtes exactement comme le loup. Oui, nous sommes des prédateurs. Vous arrivez vers eux en vous demandant : « Qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? » Le loup, lui, se demande : « Qu’est-ce que je vais manger aujourd’hui ? » On n’est pas si loin, non ?
Ces mots ne sont pas là pour accuser, mais pour provoquer une réaction en vous et vous permettre peut-être d’y mettre plus de conscience. Pour considérer ce que le cheval vit dans son monde à lui, et la différence avec nos projections et histoires humaines.
Les fameux problèmes de « il m’a fait chier », « il ne se laisse pas attraper », « il me mord », « il ne répond pas à mes jambes », « il ne veut pas sauter »… Et vous, du coup, quelles sont vos actions personnelles pour rejoindre votre cheval ? Aller chercher la cravache pour qu’il « comprenne » qu’il doit respecter la jambe ? Se raconter une jolie histoire du type « je préfère un mors dur avec une main douce » 😅 pour rassurer un ego qui ne sait pas faire autrement ?
Car si on fait autrement, le cheval devient libre de dire « j’atteins mes limites » ou « j’ai peur », et cela remet en cause le projet de l’humain. Mettre de la conscience, oui. Se mentir, non. La stratégie est entendable à partir du moment où elle est consciente, assumée, reconnue comme inconfortable, et qu’elle ouvre la porte à chercher d’autres chemins, d’autres accompagnements.
Humains et animaux : les mêmes mécanismes
Et là où ça devient bouleversant, c’est que nous faisons exactement la même chose. Il se passe quelque chose, quelqu’un nous dit quelque chose, une pensée surgit, une émotion apparaît, et immédiatement le cerveau cherche : comment je me débarrasse de ce que je ressens ?
Alors nous développons des stratégies, des fonctionnements, des mécanismes de protection. Par peur de souffrir. Par peur de mourir, intérieurement ou extérieurement. Dans la relation au cheval, cela peut être très concret : la peur de prendre un coup de pied, par exemple. Le cerveau passe alors en hypervigilance et cherche un raccourci : violence, domination, contrôle, méthode dite douce, éducation stricte ou rupture du lien. Tout cela vient de la même peur : celle de mourir.
Accueillir les stratégies sans jugement
Ces stratégies existent. Elles ont existé et elles existeront encore. Et pour moi, elles méritent d’être accueillies sans jugement, avec considération.
La vraie question n’est pas : “Est-ce bien ou mal ?” Mais plutôt : Pourquoi suis-je passée par là pour obtenir ça ?
C’est là que s’ouvre un chemin possible de pardon. Envers soi. Envers le cheval. Envers l’autre. Enfin de remplir ses besoins d'abord, tout comme les animaux. À condition d’y mettre de l’écoute, de la conscience, et de la responsabilité.
Une relation saine avec l’autre commence toujours par une relation plus saine avec soi-même. Par exemple : “Quand j’ai peur, j’utilise la colère” observez vous.
Quand j’ai peur de souffrir, je peux utiliser la confrontation. Et il y a une source d’apprentissage absolument extraordinaire là-dedans. Parce qu’en mettant de la respiration, de l’écoute, de la conscience, je peux désamorcer ces réactions.
Je peux dire : “Je ne suis pas en colère. J’ai peur.”
Et j’ai besoin de me sentir plus en sécurité dans le lien. Comment puis-je remplir ce besoin ? Un tiers ? Un ami? Un coach ? Un thérapeute ? …
Survivre n’est pas vivre
Le syndrome du survivant, c’est la sur-vie. Ce n’est pas la vie. Le « sur », c’est l’excès, la sur-stimulation, le trop, l’insécurité. Vivre, c’est la fluidité, la respiration, le calme, la paix. Mais ça, on ne nous l’a pas appris. On nous a appris à lutter, à nous battre pour survivre.
Ces encodages sont anciens, primitifs, inscrits dans nos cellules. Ils nous ont permis d’évoluer et d’être encore là aujourd’hui. Alors lutter contre eux n’a pas de sens. Ce qui a du sens, c’est de les écouter autrement, pour vivre, et non continuer à survivre.
L’équitation, la survie humaine et la survie du cheval
Pourquoi je monte à cheval ? Pourquoi je continue ce cheminement ? Pourquoi je vous partage tout ça ? Parce que j’ai peur de mourir. Et parce que j’ai peur que les chevaux meurent.
Si l’équitation disparaît, les chevaux disparaîtront. Personne ne pourra financièrement maintenir des chevaux “juste pour les regarder dans un pré”. Ils disparaîtront ou seront abattus.
Beaucoup d’humains utilisent le cheval comme un raccourci pour se sentir vivants. Une bouffée d’oxygène. Une projection de ce qui leur manque dans leur quotidien. Car être à cheval crée un sentiment de liberté intense, comme si tout était possible, avec une vision plus claire, plus haute, où l'on peut voir de loin, où on peut faire des kilomètres ensemble, s'en fatiguer nos jambes… on peut faire bouger quelqu'un a terre car le cheval est plus fort physiquement. Le dos du cheval est un trône pour l'humain.
Et ce n’est pas un reproche. C’est un constat. Alors mon intention, ce n’est pas d’opposer l’humain et le cheval. C’est de trouver un équilibre. Un compromis conscient. Éthique. Écologique. Sain.
Si je monte sur ton dos, j’ai envie d’être claire avec moi-même : qu’est-ce que ça m’apporte ? Pourquoi ça me fait du bien ? Pourquoi ça me fait me sentir vivante ? Parce que plus je suis cohérente intérieurement, plus mon rythme cardiaque se régule.
Que ce trône soit mérité pour un humain conscient et que le cheval reçoive la pleine reconnaissance de sa puissance et de ce qu'il nous permet de vivre ENSEMBLE !
Et moins je suis en survie, et moins le cheval est en survie. Alors peut-être que là, quelque chose devient possible.
Être ensemble, vivants
Ce que je cherche aujourd’hui, c’est ça : être en lien sans être en survie. Être avec l’autre sans me perdre. Être moi, pleinement, et laisser l’autre être. Écouter ce qui, en moi, cherche encore à survivre. Et transformer ça en vie.
Je n’ai pas toutes les réponses aujourd'hui.
Je sais que ce chemin existe , j'y suis, je passe devant en premier, j'essaie, j'apprends,je cherche,je recommence, j'avance… j'avance dans le noir, je n'en sais rien, je ne vois même pas les obstacles en avance, ni mes pieds. Je suis mon instinct primitif inscrit dans mes cellules… la petite voix qui guide ma voie.
J'ai peur, tellement peur chaque jour, de continuer d'avancer sur ce chemin. Car j'ai besoin de le choisir uniquement pour moi et parce que cela fait sens pour moi et non pour vous, non pour les animaux. Sinon cela devient des attentes et un besoin de reconnaissance et non de l'estime de soi.
Alors parfois je fatigue, je perds courage, j’hurle, je pleure,je doute… Et j'ai parfois envie de TOUT arrêter.
Parfois même je n'ai rien à manger, plus d'énergie. Car au sens propre comme figuré, ce chemin fait sens et je me sens riche. Cependant il est nécessaire dans ce cas de redéfinir où se place la richesse.
Et je choisis de le marcher chaque jour. Avec vous. Avec les chevaux. Avec le vivant.
Alors véritablement merci pour vos retours, vos mots ,votre présence,votre soutien,votre ouverture,vos évolution, l'amour, votre courage. Car c'est vous qui m'inspirez de ne pas m'arrêter…
Et quand je dis j'arrête tout, quelqu'un est là pour me dire … “ne vous arrêtez jamais”
Je pleure à l'écriture de ces derniers mots, car parfois je me sent si seule et je souffre en silence à l'intérieur de moi. Et je cherche mon pourquoi je chemine tout cela ?
Je sais ce qui se cache derrière ce message et ces sensations et j'en ai peur, peut être qu'un jour j'oserais vous en parler. J'ai encore besoin de temps, de sécuriser mon chez moi, d'avoir mon toit sur ma tête, de respirer enfin, de sécuriser mon corps, de ne plus courir…et de continuer à évoluer non plus en courant pour survivre mais en m’élevant pour VIVRE.
Les séances de perception sensitive animale ne sont pas de la communication animale ! Je ne suis pas là pour vous donner des réponses, je suis là pour vous accompagner à voir autrement ou ce que vous n'arrivez pas à voir seul. Car nous sommes des animaux sociaux et nous sommes fait pour être ensemble et évoluer les uns en présence des autres.
Je ne vous aiderait plus, je vous accompagne. Je n'apporte ni jugement, ni vérité, je propose une lecture différente et vous choisissez ce qui en fait sens pour vous. L’accompagnement Centaure en est une une continuité par exemple, c'est une proposition et vous êtes libre d'être accompagné par les personnes qui font sens pour vous. Nous sommes tous différents et unique et chacun a quelque chose à emmener. Une relation c'est un lien aux vivants. Je vous en transmets certaines et vous m’apprenez à être un humain conscient, plus confortable, plus sain avec moi et avec vous, une enseignante plus claire, plus juste, plus fine encore. J'évolue encore, j'apprends encore.
“Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien”
Alors FUYEZ , car ici vos fonctionnements sont vus ,vos croyances sont exposées, vos stratégies sont mises en lumière… ici les masques ne servent à rien et desservent la relation avec le faux semblants ou le déni qui se trouve entre vous et votre cheval,vous et moi, vous et vos envies.
Et si vous doutez de vos présences, si vous êtes là sans conviction intérieure - FUYEZ votre survie intérieure en dépend.
J'ai sûrement parfois envie d'arrêter mais j'ai fait une promesse aux chevaux et à moi-même sur leurs enseignements: Je ne bougerai plus mes pieds pour sur -vivre dans cette jungle.
Mowgli construit son foyer intérieur et extérieur avec ma famille les chevaux. Ils sont ma meute dans mon instinct prédateur et je suis leurs membres du troupeau ! Ensemble ❣️
Et ça c'est le cycle de la vie et c'est tout. L'équilibre en est la clé. Les extrêmes activent la survie et vous avez le choix d'être et faire autrement. Le cheval est un symbole de liberté et de famille. Soit la liberté d'être d'ensemble
Avec le coeur, l'amour et la passion
Avec humilité, courage et partage
Lucie ✨
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